Quelques chiffres sur le groupe BMTC (mai 2011)

Le groupe BMTC en 2000…

Prix de l’action: 2$ Revenus: 589 millions   Profits: 21 millions  Marge de profits : 3,6%

Le groupe BMTC en 2010…

Prix de l’action: 20$ Revenus: 823 millions   Profits: 75 millions  Marge de profits : 9,1%

Le détaillant de meubles BMTC est une grande vedette boursière au Québec. Le rendement annualisé de 25% de son action dans la dernière décennie y est pour quelque chose. Le titre est régulièrement mentionné sur différents blogues boursiers. On explique souvent la performance du titre par la politique de rachats d’actions de la société. Selon moi, cette emphase sur les rachats d’actions porte ombrage à un aspect encore plus important du succès de la compagnie : l’impressionnante amélioration de sa marge de profits au fil des années.

En regardant les chiffres ci-haut, on voit que les revenus ont connu une progression modeste de 3,5% par année dans la dernière décennie. On peut difficilement qualifier BMTC de société à forte croissance. L’essentiel de la progression de son bénéfice net (14% annualisé) provient de l’amélioration de sa marge de profits. En conservant la marge net de l’an 2000, on obtient des profits de 30 millions pour 2010 et un titre à 9$ (avec un ratio c/b de 14).

Bien entendu, les rachats d’actions ont aussi eu un grand impact dans le succès du titre. Je crois que l’on peut expliquer la différence entre le rendement du titre (25%) et la croissance des profits (14%) par ceux-ci. On peut donc affirmer que le succès boursier de BMTC a reposé sur deux grands piliers : amélioration des marges et rachats d’actions. BMTC est donc un animal assez unique (pour ne pas dire étrange…), car la plupart des grands succès boursiers reposent plutôt sur une forte croissance des revenus.

Regardons maintenant vers le futur. On peut penser que l’essentiel de l’amélioration de ses marges de profits a été réalisé. Il y a une limite aux marges de profits dans un secteur aussi concurrentiel (son concurrent Leon à une marge de 7%) . La croissance des revenus, quant à elle, risque d’être encore plus faible, car BMTC à pas mal saturé le marché québécois. Ne reste plus que le retour de capital sous forme de rachats d’actions comme vecteur de croissance…

Je ne veux pas sous-estimer BMTC et je sais que le titre à de nombreux fans. Mais il faut être réaliste… Le rendement annuel du détaillant de meubles pour la prochaine décennie risque d’être plus près de 10% que de 25%.

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