Ombres chinoises (février 2011)

Un grand débat fait rage actuellement autour des petites capitalisations chinoises inscrites sur les bourses américaines. D’un côté, plusieurs vendeurs à découvert (short-sellers) les dénoncent comme étant massivement frauduleuses. De l’autre, de nombreux investisseurs continuent de croire au potentiel de croissance exceptionnel de ces petites sociétés dans l’immense marché chinois. Les amateurs de petites capitalisations sont déchirés entre la peur de manquer une formidable occasion d’investissement et celle de perdre beaucoup d’argent en misant sur des sociétés bidon. Qui faut-il croire ? Vaut-il la peine de s’intéresser à ce secteur ? Tentons d’y voir plus clair…

Tout d’abord, il faut savoir que la controverse ne touche pas l’ensemble des sociétés chinoises, mais seulement celles qui ont accédé aux bourses américaines par le biais d’une prise de contrôle inversée (reverse take-over). Voici comment la manoeuvre fonctionne :

1. La société chinoise achète une société américaine inactive, mais inscrite sur une bourse (généralement une bourse de second ordre comme l’AMEX)

2. La compagnie est renommée avec un nom “sexy” contenant habituellement le mot “China”

3. La compagnie se bâtit une crédibilité sur le marché américain et accède à une bourse de premier ordre (généralement le NASDAQ)

4. La société “vend” son histoire à une banque d’investissement, ses analystes en font la promotion et le titre explose à la hausse…

L’avantage d’une telle opération est qu’elle est rapide (moins de trois mois), peu couteuse (moins de 1 million en frais), et permet d’éviter les exigences réglementaires liées à un premier appel public à l’épargne (IPO). Il faut donc comprendre que les petites sociétés chinoises qui accèdent au NASDAQ par ce chemin sont celles qui ne satisfont pas les critères d’inscription des bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver un nombre élevé d’entreprises douteuses.

Il est extrêmement difficile pour un investisseur occidental de suivre les activités d’une société opérant uniquement en Chine. Il lui faut avoir une confiance aveugle dans la documentation anglaise publiée par la société. Certains investisseurs américains ont réussi à débusquer des fraudes en découvrant un écart important entre les bilans financiers soumis à la SEC américaine et ceux soumis à la SAIC chinoise (l’équivalent chinois de la SEC). Les chiffres soumis à la SAIC par certaines sociétés chinoises étaient beaucoup plus modestes que ceux soumis à la SEC pour une même année !

Devant une telle situation, l’investisseur raisonnable et prudent devrait passer son tour. Le niveau de risque est simplement trop grand. Néanmoins, plusieurs investisseurs tentent de départager le bon grain de l’ivraie en matière de petites capitalisations chinoises. Je vous en présente un ainsi qu’une société qui pourrait ne pas être une fraude dans un prochain blogue.

À suivre…

Source : You Will Regret This Investment, Bloomberg Businessweek, Semaine du 17-23 janvier 2011

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