L’argent fait le bonheur (janvier 2011)

L’argent fait-il le bonheur ? Oui.

J’admets qu’il s’agit d’une réponse volontairement provocatrice et dénuée de rectitude politique. Ma réponse plus nuancée à cette question serait plutôt : avoir un rapport sain avec l’argent peut contribuer significativement au bonheur personnel d’un individu. Mais qu’est-ce qu’un rapport sain à l’argent ? Selon moi, on peut diviser les individus en trois groupes en fonction de leur rapport à l’argent : les dépensiers, les avares et les équilibrés. L’appartenance à l’un de ces groupes dépend davantage de nos valeurs personnelles et de nos attributs psychologiques que de notre éducation financière.

Voici mes définitions bien personnelles de ces groupes :

Les dépensiers

Gens vivant au-dessus de leurs moyens. Endettés jusqu’au cou. Ces individus se valorisent par la consommation. Le problème n’est pas nécessairement qu’ils ignorent le taux d’intérêt de leurs cartes de crédit ou les vertus de l’épargne. C’est plutôt que leur matérialisme ostentatoire (c.-à-d. auto de luxe, grosse maison, etc.) les valorise davantage que des finances personnelles bien en ordre. Ils consomment pour combler un vide existentiel ou pour se donner l’illusion qu’ils appartiennent à une classe sociale supérieure. Je consomme donc je suis.

Les avares

Champions mondiaux de l’épargne. Gens vivant nettement sous leurs moyens. Ils se valorisent principalement par l’accumulation du plus gros compte de banque possible. Ils sont prêts à faire subir des privations indues à leur entourage pour atteindre cet objectif (voir la biographie Warren E. Buffett pour des exemples). Faire une dépense non essentielle leur cause une douleur psychologique. Quoi qu’ils en disent, l’action d’épargner est moins une habitude saine qu’une façon pour eux d’éviter la douleur psychique liée à une dépense. Ils n’ont évidemment aucun problème… d’argent. Ils ont par contre l’un des plus vilains défauts de la nature humaine : l’avarice.

Les équilibrés

Ces gens appliquent la célèbre maxime de Socrate : “Connais-toi, toi-même”. Fort de cette connaissance, ils se valorisent par l’expression de leur créativité personnelle à travers des projets centrés sur leurs goûts et intérêts. Ils ne sont pas à la poursuite d’un modèle de réussite stéréotypé (devenir millionnaire, être célèbre, avoir une grosse maison, etc.) . Ils vivent à l’intérieur de leurs moyens par la force des choses, car la consommation à outrance est sans but pour eux. L’argent est un outil pour réaliser leurs projets et non une fin en soi.

En conclusion, je crois que notre rapport à l’argent est essentiellement conditionné par notre personnalité et nos motivations psychologiques profondes. C’est pourquoi les discours vertueux et angéliques sur l’épargne qu’on entend dans les médias demeurent la plupart du temps sans effet. Changer son rapport à l’argent signifie avant tout changer comme individu. C’est l’oeuvre de toute une vie.

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